"Où j'attache mon cheval sera mon paturage, où j'allume le feu sera ma demeure"

Les trois quarts du territoire sont occupés par des montagnes, majoritairement par le massif de Tian Shan et par le Pamir au Sud-ouest. Le massif de Tian Shan débute par le pic de Khan Tengri 7005m d’altitude (Roi du ciel) et se divise en trois parties : Tian Shan Nord, Tian Shan Centre et Tian Sud en culminant à 7439 au pic Jéniche (victoire en langue kirgize).

D’après les sources chinoises, on entand parler des Kirghiz pour la première fois en 201 avant JC, à cette époque-là dans le sud de la Sibérie autour du lac Baïkal (en langue turc-lac riche) jusqu’au milieu du fleuve Ienisseï (ce qui veut dire en turc vallée de mère) vivait le peuple « dinline » dont la culture était proche de celle des Sakas (scythe) et des Gégounianes (appellation des anciens Kirghiz par les Chinois) dans l’Asie centrale. L’ouverture de la Route de la Soie entre la Chine et l’Occident durant le 2 siècle avant JC place l’Asie centrale au centre d’un équilibre entre grands empires. Toutes les perturbations politiques du Moyen-Orient, de la haute Asie et de la Chine font sentir leurs effets sur la fréquence et l’intensité des échanges, interrompus à certaines périodes.

Le contrôle des voies d’accès vers l’ouest est une des raisons des luttes entre les dynasties chinoises et les confédérations des nomades. L’ancienne caravane séraï Tache Rabate qui se trouve à 80 km de la frontière chinoise et qui servait de l’hôtel pour les commerçants de la Route de la Soie.

Par ailleurs, les Kirghiz sont turcophones, ce qui s’explique par la création du « khanat turc » en VI siècle qui était à l’origine des Huns dans l’Asie centrale. Entre 563 et 569, il détruit le royaume hephtalite de Transoxiane, région qu’il disputera à l’Empire sassanide jusqu’à la conquête arabo-islamique de la fin du 7 siècle. La scission du khanat turc en deux parties vers 581 entraîne la formation du premier Etat turc d’Asie centrale occidentale, s’étendant du Kazakhstan au Tadjikistan. Les Turcs orientaux, battus par les Tang, réapparaissent vers 681 et s’unissent à nouveau aux Turcs occidentaux. Ces derniers sont repoussés par les Arabes tandis qu’en 744, la branche orientale est définitivement battue par les Chinois. Ceux-ci, à la poursuite des confédérations turques, se sont heurtés aux armées arabo-musulmanes sur la ville Talas.

Vers XIII siècle, apparaît le royaume des Kirghiz dans l’Altaï et en Dzoungarie, certaines tribus ayant quitté leur territoire à la suite des invasions mongoles. Deux siècles plus tard, toutes les tribus rassemblées dans ce royaume vont prendre le nom d’ethnie kirghize. Donc, à partir de cette époque on peut dire que le peuple kirghiz est considéré comme nation.

Avant d’être réunis à la Russie, au début du XIX° siècle, les Kirghiz sont sous la domination du royaume "Kokand". Ils se soulèveront plusieurs fois contre ce khanat, mais malheureusement, tous leurs efforts aboutiront à l’échec. Etant donné que les Kazakhs, ses voisins du Nord, vivaient mieux depuis qu’ils avaient rejoints à la Russie, les féodaux kirghiz envoient leurs ambassadeurs en Russie pour demander leur rattachement à l’empire Russe. Les Russes acceptent volontiers leur proposition et viennent vers 1856 pour mettre en place leur pouvoir. Dans le nord du Kirghizstan, ils s’installent facilement et sans guerre, en revanche, dans le sud où le pouvoir du Khanat Kokand était encore fort, les Russes entrent en guerre avec eux et remportent la victoire. Ainsi les Russes s’installent dans la région et créent la République Turkestan, qui regroupe Sémiretchié, Syr-Daria, Fergana et Samarkand. En ce moment là, on comptait environ cinq cent mille Kirghiz.

La conquête et la domination coloniale russe provoquent assez peu de grandes révoltes jusqu’à 1916. Mais en 1916, une soudaine obligation faite aux musulmans de servir dans l’armée, dans des unités non combattantes sur le front européen déclanche la plus grande révolte. Plusieurs Kirghiz partent vers l’Afghanistan et la Chine, un grand nombre entre eux sont mort sur le chemin.

En 1918, un soviet est fondé dans la région et l'oblast autonome Kara Kirghiz est créé en 1924 au sein de l'URSS. En 1926, il devient la République socialiste soviétique autonome de Kirghizie. En 1936, la République socialiste soviétique de Kirghizie est intégré comme membre à part entière de l'URSS. Lors des bouleversements politiques survenus à partir de la fin des années 1980 en Union Soviétique, des élections libres sont organisées au Kirghizistan en 1990 qui virent la victoire d'Askar Akaiev au poste de président en octobre de la même année. Le pays change de nom et devient la République Kirghize en décembre 1990, tandis que Frounzé, la capitale, est rebaptisé par son nom pré soviétique de Bichkek en février 1991.

La culture kirghize se développe sur la base des traditions de l’Antiquité et du Moyen-Âge. Leur habitation – la yourte - représente toute une culture kirghize avec sa construction, le matériel, la décoration intérieure, les outils de l’homme et de la femme. Dessiné sur le drapeau kirghiz, le toit de la yourte est le symbole du peuple nomade. Toute la décoration intérieure de la yourte est faite en feutre.

La nourriture kirghize est esentiellement à la base de la viande et du produit laitier. La boissont traditionnelle des Kirghiz et de tous les peuples nomades de l’Asie centrale est le "Koumiz". Du lait de jument fermentée dans un sac en cuire et mélangé avec un bâton en bois qui s’appelle Bichkek. Notamment ce nom a été donné à la capitale du Kirghizstan.

Les contes et légendes kirghiz ont été transmis oralement d’une génération à l’autre. La plus grande épopée en volume dans le monde-« Manas » est raconté depuis mille ans. Composé de cinq cent quarante mille verres, elle représente vingt fois l'Odyssée et Hiliade de Homère ensemble. En effet Manas, c’est un héros kirghiz, qui a réuni tous les Kirghiz d’Altaï et les a emmenés au territoire actuel du Kirghizstan. Ils s’installent dans la région de Talas, où il y a aujourd’hui son tombeau.

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