La région sud du territoire qui porte aujourd'hui le nom de Colombie-Britannique s'appelait autrefois Columbia, en raison du fleuve du même nom qui la traverse, tandis que la région du centre avait été baptisée Nouvelle-Calédonie par l'explorateur Simon Fraser.

Pour éviter toute confusion avec la Colombie de l'Amérique du Sud et la Nouvelle-Calédonie du Pacifique, la reine Victoria rebaptisa Colombie-Britannique l'ensemble du territoire lorsqu' il devint une colonie en 1858.

Parmi les provinces et les territoires du Canada, c'est en Colombie-Britannique que vivaient le plus grand nombre de Premières nations distinctes. Comme la côte du Pacifique présentait un climat et un relief très variés — les régions froides voisinant avec les régions tempérées, et les montagnes avec la mer — les cultures et les langues des nations qui s'y établirent étaient totalement différentes.

Non seulement ces nations se distinguaient-elles les unes des autres, mais elles se différenciaient également des autres Premières nations du Canada. Parmi les nations établies le long de la côte, on trouvait les Nootka, les Bella Coola, les Tlingit, les Haïda, les Tsimshian, les Kwakiutl et les Salish, tandis que sur les plateaux des montagnes Rocheuses vivaient les Tagish, les Tahltan, les Tsetsaut, les Porteurs, les Chilcotin, les Salish de l'intérieur, les Nicolas et les Kutenais.

À la distinction de ce qui se passait dans l'est du Canada, où les Français et les Anglais se disputaient le territoire, l'Espagne et la Russie furent les deux premiers pays à réclamer la propriété de certaines parties de la Colombie-Britannique. En effet, au XVIIIe siècle, les Espagnols revendiquèrent la région de la côte ouest s'étendant du Mexique jusqu'à l'île de Vancouver, tandis que les Russes faisaient valoir des prétentions similaires sur la côte du Pacifique depuis l'Alaska jusqu'à San Francisco.

En 1778, le capitaine James Cook, de Grande-Bretagne, fut le premier à porter la région sur la carte. George Vancouver était alors un midshipman (aspirant dans la marine britannique) d'une vingtaine d'années engagé à bord du vaisseau de Cook. Il devait par la suite mener lui même trois expéditions et cartographier plus de 16 000 km du territoire longeant la côte. Ayant ainsi fermement établi son droit de propriété, la Grande-Bretagne entreprit de régler ses disputes avec l'Espagne et la Russie.

En 1846, le Traité de l'Oregon signé avec les Américains reconnut la Grande-Bretagne comme unique propriétaire de l'île de Vancouver et de la région située au nord du 49e parallèle.

Enfin, en 1849, le gouvernement britannique céda l'île de Vancouver à la Compagnie de la Baie d'Hudson dans l'espoir qu'elle soit colonisée. En effet, jusqu'alors les seules colonies européennes établies dans cette région du pays étaient des postes de traite des fourrures.

Quand on découvrit de l'or dans les basses terres du Fraser en 1857, des milliers de gens y accoururent espérant faire fortune du jour au lendemain. Pour assurer le respect de la loi et le maintien de l'ordre, le gouvernement britannique établit l'année suivante la colonie distincte de la Colombie-Britannique.

En 1866, quand se calma la frénésie de la ruée vers l'or, la colonie de l'île de Vancouver se joignit à celle de la Colombie-Britannique. Comme cette colonie était coupée du reste de l'Amérique du Nord britannique par des milliers de kilomètres et une imposante chaîne de montagnes, la promesse d'y construire un chemin de fer qui relierait la côte du Pacifique au reste du Canada persuada la Colombie-Britannique d'entrer dans la Confédération en 1871.

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